
le 2 decembre Conférence de Copai
musique d' Alejandro Filio ("el hombre")
transmis par la Otra Information le 1er Janvier 2007
Dans la pièce aveugle de l’Ombre, seule la pendule permet de distinguer le jour de la nuit. C’est toujours le petit matin, ici. L’Ombre se prépare à retrouver les ombres dont elle est née et qui l’alimentent. Elle fait le compte et les comptes. Elle se redresse à nouveau sur son siège, le cœur brisé et plein de cicatrices et tout rapiécé. Elle lève des ancres, hisse des voiles. Elle porte un autre pays accroché aux pieds, collé à la peau, à ses oreilles et dans son regard. Elle possède une rage et une douleur qui ne tiennent dans aucun des mots d’aucune langue. Dans les montagnes du Sud-Est mexicain, dans ce cœur collectif brun qui commande, elle attend une réponse qu’elle connaît depuis des siècles : il faut que l’aube se lève, comme elle a pour coutume de le faire, avec douleur et rage. Ombre sait ce que lui dira la montagne brune qui est son guide. Donnant du baume à la douleur et de l’espoir à la rage, elle lui dira, en langue ancestrale : « Ne t’inquiète pas, n’aie pas trop de peine, que le cœur de notre patrie ne soit pas triste car il faut encore ce qu’il faut. »
